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Kunsten på Kroppen
The art of tattooing

Photos of tattoos,
and presentation of:
Kai Uwe Faust
Patricia Campos
Marcus Hammer

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Her følger artiklen som stod i Tatouage Magazine no 48 - Janvier/Février 2006

Des envies de tatouage á l'ancienne ? Direction le village viking reconstitué
de Lejre au Danemark. Savates aux pieds et robes de bure sur le dos, Erik
Reime et Colin Dale y piquent les visiteurs sous la hutte.

Depuis maintenant six ans, Erik Reime et Colin Dale se transforment en Vikings pour tatouer á la main, dans le Centre de recherches archeologiques de Lejre, au Danemark.


Chaque année en août, Erik Reime délaisse son studio de Copenhague pour s'installer dans son studio-hutte.

Dans un univers de reconstitution historique allant de l'age de pierre á l'epoque des Vikings, la liste d'attente est de plus d'un an pour séjourner une semaine dans un village de huttes au toit de chaume, digne d'Asterix. Le sol est en terre battue, la seule ouverture est une porte qui nécessite de se baisser pour la franchir, car elle ne fait pas plus d'1m20 de haut. A l'interieur, il fait bien sombre. Une seule piéce, des paillasses pour dormir, une barriére basse qui separe le compartiment des humains de la partie des animaux, une ouverture dans le toit qui laisse á peine filtrer un peu de la lumiére du jour. Vêtements et chaussures sont "comme à I'epoque".


Les motifs sont inspirés par les dessins gravés sur
les pierres que l'on rencontre dans la péninsule scandinavie
 

Robes de bure et savates en cuir sont de rigueur pour les candidats au séjour. Pas d'eau, pas d'electricite bien sûr et pas d'appareil photo! On veille aux animaux (moutons, chévres, bovins), on prépare du fromage et autres mets authentiques. On fait du cheval à cru, en longue chemise de lin et pieds nus.

Le site comprend aussi un village de I'âge de pierre, avec une tente en peaux de bêtes cousues, un "lieu des sacrifices", près d'un étang. On y trouve divers crânes d'animaux embrochés sur des poteaux et les restes de carcasses de chevaux empalés sur des arbres.

Plus loin, un marché viking offre, sous les tentes, les étales d'artisanats divers, toujours "style vintage". On peut y regarder travailler un maréchal-ferrant, un artisan du cuir, on peut y déguster de la nourriture faite sur le feu, dans un grand chaudran en fonte au dans les faurs à demi enterrés où I'on cuit le pain et où I'on fume les paissans aux al'ties.

Et le tatauage de "Kunsten pa Kroppen", c'est là! Connus paur leur pratique du tatauage de motifs préhistoriques et vikings, à la main, Erik Reime et Calin Dale ont été invités à venir pratiquer au Centre de Lejre. Le centre est ouvert au public à la belle saison. Les gens visitent le pare, passent au marché, achétent des objets et peuvent déguster les mets préparés sur place et même, se laisser tenter par un tatouage. Erik et Colin ont aussi des aficionados qui font le voyage pour se faire encrer un motif.

Ulrik est I'un d'entre eux : "Je préfère venir à Lejre pour le tatouage. Ici, il y a tout, le cadre va avee la practique et les motifs que je choisis. "A la ville, Ulrik est cadre dans une société de finances, mais tous les étés, il rend visite à Erik pour ajouter un tatouage de plus à sa déjà belle collection. Quand il arrive à Lejre, il a déjà pensé à ce qu'il veut, il s'inspire des books de dessin d'Erik, puis ils en discutent avant de se mettre à I'æuvre. "J'avais le dieu Odin, là sur I'épaule, mais je le trouvais suspendu dans le vide. Alors, cette année, je lui ai fais dessiner un bateau, pour qu'il ait un support ", dit Ulrik. Erik a travaillé sous la tente, tandis qu'Ulrik était stoïquement assis sur un petit tabouret de bois. Peaux de bêtes, crânes et boucliers font partie du décor, histoire de mettre dans I'ambiance.

Le tatoueur danois a "réinventé" les outiIs anciens
en fixant des aiguilles sur des manches plus ou moins décorés.
 

Symboles abstraits, points, silhouettes humaines...
Autant de pétroglyphes transformés en tatouage.

 

 

Le reste de I'année, Erik et Colin mènent une vie contemporaine et travaillent dans un studio à Copenhague "Kunsten pa Kroppen". Deux nomades le temps d'une semaine, au mois d'aôut. Eriktatoue depuis environ vingt ans et Colin, qui fut son élève, depuis presque dix ans.

Partageant son temps entre sa passion pour I'histoire de la Scandinavie et son amour du tatouage, Erik a décidé de réunir les deux! II s'est intéressé aux motifs gravés sur des pierres, que I'on trouve ça et là dans la péninsule scandinave, en particulier en Suéde. Frêles silhouettes humaines guerriers à I'arc bandé, animaux, drakkars, mais aussi symbol es abstraits et points forment I'essentiel des pétroglyphes retrouvés sur des sites en plein air. Certaines de ces pierres portent également des inscriptions en runes, plus récentes. Le musée archéologique de Copenhague en abrite quelques-unes.

On peut aussi y admirer les productions vikings, de bijoux et d'armes décorées avec des entrelacs plus ou moins figuratifs. "On sait que le tatouage était practiqué dès l’âge de pierre.

 

Un manlère d'allier son amour pour I'histoire scandinave et sa passion du tatouage

Alors, j'ai étudié ces pétroglyphes, je les ai dessinés et j'ai proposé ces motifs aux gens, comme tatouage. Les gens ont trouvé cela intéressant et ont commencé â me demander de les tatouer sur eux. "Erik a ensuite étudié les runes et les motifs vikings et les a ajoutés à son répertoire. II fut I'un des pionniers de I'utilisation du pointillisme pour créer des dégradés.

Le centre de recherches archéologiques de Lejre accueille les visiteurs dans son village viking reconstitué.

 

Quelquefois, des étudiants en archéologie viennent avec un motif précis à reproduire. A partir de là, iI s'est demandé comment le tatouage était pratiqué par le passé. Comme chacun sait, la question du tatouage est de faire pénétrer un pigment sous la peau, afin de rendre le dessin permanent. II s'agit donc de percer la peau. Certes, depuis I'âge de fer, I'homme a pu fabriquer des aiguilles.

Fort de cette idée, Erik a soudé des aiguilles et les a fixées sur des manches pour en faire un outil maniable, qu'il utilise à la main, un peu comme un porteplume. Les manches sont plus ou moins décorés et s'ajustent ainsi à son humeur. Colin utilise la même méthode.

" J'ai continué mes recherehes, dit Erik. Avant l’âge de fer, je me suis dit que les gens pouvaient utiliser ce qu'ils trouvaient dans la nature: des épines, par exemple. Alors,j'ai voulu essayer. Et je me suis dit qu'il y avait aussi les silex ", poursuit-il.

D'ailleurs, une jeune femme est venue le voir pendant la semaine pour lui proposer de lui en fabriquer. Ils ont regardé ensemble ce qu'Erik avait déjà. La pointe doit être bien affinée pour piquer la peau "en douceur". "CeIa marche bien, dit Erik, je sens quand cela va bien fonctionner. "

Erik a tatoué Colin avec un silex. II a ajouté une longue volute, sur I'avant-bras, autour du personnage qui etait déjà inscrit. Ensuite, avec ses aiguilles, il a gravé une phrase en runes, à portée philosophique sur le chemin que I'homme choisit dans sa vie. Ils ont fait cela prés de I'étang aux sacrifices, en plein air. Colin a èté formé au tatouage par Erik. Canadien, iI a des origines scandinaves par sa grand-mére et a décidé de "revenir aux sources" et de devenir tatoueur. II a ajouté au répertoire qu'il propose des motifs d'inspiration indienne. II a tatoué une jeune fille qui étudie le travail du bois pour I'enseigner ensuite aux enfants. Elle voulait ce tatouage pour, se souvenir qu'elle se doit de maintenir son cap dans la vie et de rester ferme dans ses décisions. "Je me sais à tendance instable et ce tatouage sera la pour me rappeler que je dois bien réfléchir avant d'agir et ensuite ne pas changer d'avis ", dit-elle. Elle est venue au camp de Lejre conduite par ses parents qui I'ont attendue pendant le tatouage.

 

En poursuivant ses recherches sur les méthodes de tatouage des temps anciens, Erik a pensé au tatouage avec un fil trempé dans le pigment. Pour Colin, il s'agissait là de renouer avec la tradition inuit, aujourd'hui perdue. "II reste encore quelques vieilles femmes qui le practiquaient, mais elles ont maintenant plus de quatrevingts ans ", dit Colin. "On peut utiliser différentes sortes d'aiguilles. Cela me fait penser à ma mére, qui fait de l’artisanat des travaux d'aiguille avec de la laine. Ici, je vais utiliser une aiguiIIe à pointe triangulaire, pur le travail du cuir ", ajoute-t-il. Erik a inscrit à I'aiguille quelques lettres en runes, à la demande d'un de ses clients. Colin a terminé le tatouage sur son poignet, dans la suite de ce qu'Erik avait fait. Dans les deux cas, les photos montrent combien la peau est résistante au percement par I'aiguille.

 


Erik a également étudié les motifs vikings et les runes pour les ajouter á son répertoire.

 

Claire Artemyz

Depuis plus de deux ans, Claire Artemyz photographie I'action de tatouer. Elle a rencontre de nombreux artistes tatoueurs, travaillant à la main et/ou a la machine.

Elle s'interesse aux phénoménes qui se produisent sur la peau au moment du tatouage. lci une technique de tatouage inuit. Le fil trempé dans le pigment est passé sous la peau.

 

 

 

 

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